Dans la région, un groupe de femmes se retrouve seules à élever leurs enfants, après une séparation ou la perte de leur mari. Beaucoup d'entre elles cultivent le manioc, une culture qui demande du temps et des efforts, mais qui, vendu à l'état brut, rapporte peu.
Notre club a voulu leur apporter un vrai soutien. L'idée était simple : au lieu de vendre le manioc brut, pourquoi ne pas le transformer sur place en un produit fini, plus rentable ? Le manioc peut devenir de la farine, puis des chikwangues, un aliment très recherché dans la capitale.
Mais transformer le manioc demande des moyens que ces femmes n'avaient pas. Il fallait de quoi le faire sécher correctement, le faire rouir dans de bonnes conditions, puis le moudre. Nous avons donc financé ces équipements, étape par étape, avec les femmes elles-mêmes qui ont appris à les utiliser.
Le résultat a dépassé nos attentes. Les chikwangues se vendent bien dans la capitale, si bien qu'un camion a été acheté pour transporter la production plus loin et plus régulièrement.
Ce qui frappe le plus, ce n'est pas seulement l'aspect économique. Ces femmes, qui vivaient au jour le jour avec très peu, gagnent aujourd'hui de quoi faire vivre leur famille et surtout envoyer leurs enfants à l'école. Pour beaucoup, c'est la première fois depuis longtemps qu'elles peuvent se projeter dans l'avenir plutôt que de simplement tenir jusqu'au lendemain.
Le Rotary n'a pas fait le travail à leur place. Nous avons juste donné à ces femmes les outils pour accomplir ce qu'elles savaient déjà faire, avec plus de force et de dignité.