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Jean-Marie, la musique et la mémoire

7 novembre 2026 par
Victoria Landa


Certains membres se remarquent à leur voix. Jean-Marie, lui, se remarque à ses mots. Depuis 2014, il donne au Rotary Fleurus-Aéropole son temps et, un jour, ses mains d’organiste. Il a été le secrétaire du club, puis son président. Aujourd’hui, il écrit, et ce qu’il écrit porte une histoire qui dépasse largement la sienne.

Quand on lui a demandé de se raconter, il a accepté sans hésiter, à une condition. Ce serait par écrit, parce que l’écrit, « c’est mon mode de communication préféré ». Sa réponse tenait en quelques paragraphes sobres, signés de deux initiales. Pas un mot de trop. Ceux qui le connaissent reconnaîtront l’homme.

Pendant des années, sa vie s’est jouée loin d’ici, au fil de plusieurs expatriations. Puis elle l’a ramené en Belgique, dans la maison familiale de Fleurus. Revenu chez lui, il cherchait à s’enraciner, et le Rotary lui offrait précisément cela, « un ancrage local et la possibilité de rendre service ». Le club n’était pas un inconnu. Son père était rotarien au Rotary Club de Charleroi et en avait un jour été le président. « Donc le Rotary m’était familier et ce choix était donc évident. » À quelques kilomètres de distance, le fils a simplement poursuivi le chemin du père.

De ses années au club, un souvenir surnage. Un concert d’orgue qu’il a donné lui-même à Villers-la-Ville au profit du Rotary. Ce jour-là, la musique a travaillé pour les autres. « Cela a bien marché et j’en ai retiré un PHF dont je suis fier. » Le Paul Harris Fellow est la reconnaissance que le Rotary décerne à ceux qui soutiennent sa Fondation. Jean-Marie l’a gagnée aux claviers.

Depuis, c’est la plume qui a pris le relais. Il a publié un recueil d’anecdotes, « Brèves histoires d’une longue vie », qu’il est venu présenter au club. Son prochain livre est d’une autre gravité. En mettant de l’ordre dans les archives familiales, il a retrouvé un manuscrit, celui de sa mère. Résistante pendant la guerre, elle est devenue prisonnière politique et a été emmenée en Allemagne, de prison en prison, jusqu’aux camps de concentration. De ces pages, Jean-Marie a tiré « Mémoires de captivité », qu’il présentera bientôt aux membres du club.

Il ne compte pas poser la plume pour autant. Des nouvelles s’écrivent déjà, et il espère trouver un éditeur.

Un club Rotary, au fond, c’est cela. Des gens qui arrivent chacun avec leur histoire et qui choisissent de la partager. Jean-Marie y a apporté sa musique. Il s’apprête à y faire entendre la voix de sa mère.

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