La veste de Lou ne laisse presque plus voir son tissu. Des pins par dizaines, une carte de lotería marquée El Corazón, et plusieurs badges gagnés aux stands dressés dans Mexico pendant le Mondial. Le dernier jour, elle la portait à l'aéroport avec ses grands chapeaux. L'autre soir, elle la portait encore devant le Rotary Fleurus-Aéropole, venue raconter l'année qui l'avait remplie.
La salle était pleine, et Laurence Ghigny, notre présidente, l'a relevé d'entrée. « Une salle aussi bien remplie, c'est la plus belle preuve que notre club est vivant, et ce soir il a même un parfum de voyage. » Des membres d'un Rotary Club du Mexique avaient fait le déplacement jusqu'à Fleurus. Laurence les a accueillis en espagnol, puis elle a rappelé qu'entre eux et nous, malgré la distance, tourne « la même roue ».
Lou était notre YEP de l'année 2025-2026. Le club l'a envoyée vivre un an au Mexique avec le programme d'échange de jeunes du Rotary, chez trois familles d'accueil successives. Elle a atterri début août à Tulancingo, dans l'État d'Hidalgo, à deux heures à l'est de Mexico. Elle parlait à peine espagnol et la peur prenait beaucoup de place. Première étape, les tacos. « C'est quand même le truc le plus important quand on va au Mexique. » Des mois plus tard, elle avait même trouvé l'équivalent belge. « Ici, il y a plein de friteries, mais là-bas, il y a plein de taquerias, c'est des friteries de tacos quoi. »
Sa première famille l'a gardée six mois, et Lou en parle comme de son coup de cœur. Il y avait une grande sœur, Jimena, qui avait elle-même passé un peu de temps en France. Il y avait aussi une maman avec qui elle faisait du sport, au point de se trouver « un peu fit », ce qu'elle n'est pas en Belgique de son propre aveu. Le lien s'est vraiment noué à New York, lors d'un voyage à quatre. Pendant des jours, impossible de se réfugier dans sa chambre ou de filer à l'école. Lou se décrit comme « très timide de base ». Ce huis clos new-yorkais l'a obligée à s'ouvrir.
La deuxième famille, trois mois, lui a donné autre chose. Des parents qui travaillaient en semaine, du temps libre, et l'occasion de se rapprocher des autres étudiants d'échange et de ses camarades de classe. Elle y a pris son indépendance. La troisième lui a offert deux sœurs de son âge et une autre étudiante d'échange, venue d'Allemagne, qui vivait sous le même toit. À quatre filles, elles sortaient tout le temps.
Il y avait aussi Carlos et José, Rotariens sur place, qui l'attendaient à l'aéroport le premier jour. Un week-end sans programme, un coup de fil, et ils proposaient un cinéma ou une visite. Pour un événement de leur club, ils lui ont demandé de préparer des spéculoos. La recette lui a pris vingt-quatre heures. « Bon, c'était pas les vrais spéculoos », a-t-elle reconnu, et la salle a ri. « Le cœur y était. »


Her first host dad is mayor of Zacualpan, a village perched in the mountains of Veracruz. The road to get there gives, according to Lou, "the impression that you are going to die at every turn." Up there, everything revolves around the February carnival, which the locals prepare for starting in May. The velvet capes are very heavy. Everything is handmade, from the sewn sequins to the wooden masks adorned with horsehair. Lou also attended her host dad's inauguration, on a big stage, on New Year's Day. She had never seen anything like it.

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In Fleurus too, that evening, a mayor was wearing the sash. Loïc D'Haeyer came in person, and he handed a Visit Fleurus bag to each of our Mexican visitors.


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In Fleurus too, that evening, a mayor was wearing the sash. Loïc D'Haeyer came in person, and he handed a Visit Fleurus bag to each of our Mexican visitors.

À Mexico, au château de Maximilien, quelqu'un dans la salle l'a aidée à retrouver le fil de l'histoire de l'empereur autrichien. Lou a ajouté la suite elle-même. Il était marié « à une madame belge, Charlotte ». Puis, après un temps, « J'ai quand même appris des trucs hyper intéressants sur la Belgique. » La salle a ri de nouveau.
Les voyages du district, des baleines de Basse-Californie à un mois entier sur la route Maya, ont soudé des étudiants d'échange qui vivaient trop loin les uns des autres pour se voir autrement. Le crochet par le Guatemala a duré cinq minutes. Lou tient malgré tout à le préciser, « c'est quand même cool de dire que j'ai été au Guatemala ».
Une anecdote parlera à tous les Rotariens. Pendant son année, de fortes inondations ont frappé le Mexique. Son école, le Colmex, a organisé une collecte de vivres que les élèves triaient eux-mêmes. Lou a remarqué que des familles épargnées, qui avaient les moyens de s'en sortir, se mobilisaient pour celles qui s'étaient retrouvées sans maison.
Rien de tout cela ne tient sans les familles d'accueil, et Laurence leur a rendu hommage.
« Ouvrir sa maison, et surtout son cœur, à une jeune venue d'ailleurs, c'est un geste d'une générosité rare. » Un échange fonctionne aussi dans l'autre sens. Notre club a accueilli Camilla, que des raisons familiales et personnelles ont rappelée chez elle à la fin de l'année 2025.

« Ouvrir sa maison, et surtout son cœur, à une jeune venue d'ailleurs, c'est un geste d'une générosité rare. » Un échange fonctionne aussi dans l'autre sens. Notre club a accueilli Camilla, que des raisons familiales et personnelles ont rappelée chez elle à la fin de l'année 2025.

En début de soirée, Laurence avait dit des familles d'accueil que grâce à elles, le programme « devient une réalité qui change des vies ». Lou a refermé la boucle avec ses mots à elle, en se tournant vers le club. « Ce voyage, il a changé ma vie, donc en quelque sorte, vous avez changé ma vie. »
The heart was in it.